Rétrospective en 3 temps du premier trimestre 2022

Les marchés des grains sont entrés début 2021 dans un cycle de forte volatilité. Les stocks mondiaux se tendent et les prix réagissent avec force à tout évènement impactant l’offre ou la demande. L’éclatement de la guerre en Ukraine exacerbe ces tensions, poussant les prix au plus haut. Nous vous proposons un retour en 3 temps sur l’actualité de ce début d’année pas comme les autres.

Janvier : 2022 débute comme 2021 a vécu, mais en mode accéléré !

3 février 2022. Depuis 1 mois, le marché du blé enchaîne en effet des mouvements de prix violents et contraires : une amplitude baissière de près de 22 euros/T sur la première quinzaine de janvier, suivie d’un rebond de 30 euros/T, lui-même totalement annulé depuis ce matin !

Des fondamentaux plutôt baissiers font face à des épisodes de weather market et, surtout, à l’évolution de la situation géopolitique entre la Russie et l’Occident, facteur de volatilité totalement imprévisible.

Le risque est omniprésent, et l’année qui vient de s’écouler remet la gestion du risque de prix au cœur des préoccupations de la filière : quel cadre de gestion adopter ? comment suivre l’évolution des prix et construire des benchmarks ? comment gérer le risque sur 1, 2 ou 3 campagnes ?…

Depuis 1 an maintenant, nous sommes fiers d’accompagner nos partenaires de l’amont agricole et de l’industrie agroalimentaire dans l’analyse et la compréhension du marché, la sécurisation de leurs risques et l’optimisation de leurs performances. N’hésitez pas à nous contacter pour échanger sur vos besoins !

Février : La Russie envahit l’Ukraine

Février 2022. En 2014, année olympique, la Russie avait attendu la fin des Jeux qu’elle accueillait sur son sol pour lancer l’annexion de la Crimée. A l’époque, le marché du blé avait fait un bond de 20 euros (+10 %) qui avait duré quelques semaines, avant un retour à la normale.

En 2022, année olympique, la Russie aura attendu la fin des Jeux organisés par son voisin chinois pour lancer l’annexion de l’est de l’Ukraine. En attendant pire ?

A ce jour, les prix du blé ont déjà progressé de 10 % en 1 semaine et dépassent pour la prochaine récolte leurs précédents records. Si l’histoire est, dit-on, un éternel recommencement, les marchés devraient cette fois continuer à monter, par crainte de ruptures d’approvisionnement au départ de la Mer Noire.

Energie, engrais, céréales, huiles…: les points de tension pour nos filières sont nombreux, les conséquences de ce conflit à court et long terme impossibles à mesurer à ce jour.

Sans oublier, bien sur, le coût humain qu’il pourra provoquer.

Mars : les cours des grains atteignent des sommets

4 mars 2022. Le marché du blé poursuit sa hausse effrénée. Les cours sur MAI 22 ont atteint ce jour un nouveau record historique (et provisoire) à 406.75, dans le sillage des marchés américains qui n’en finissent plus de cumuler les « limit up » et viennent juste d’égaler leurs records de 2008. Les amplitudes quotidiennes sont extrêmes : 26 euros en moyenne sur les 6 dernières séances (MAI22).

La guerre en Ukraine coupe les consommateurs du sourcing stratégique de la Mer Noire. En Ukraine, il restait avant le début du conflit 5 MT de blé et 15 MT de maïs à exporter avant fin juin. En Russie, nous estimions le reste à charger autour de 7.5 MT de blé. Des volumes que les autres exportateurs (UE, France, USA et hémisphère sud) ne peuvent combler, particulièrement en blé.

Le conflit aura aussi des impacts sur la campagne 2022/2023. La future récolte ukrainienne de blé était récemment estimée à 30 MT. Mais les travaux des champs risquent de ne pas reprendre suffisamment tôt pour que ce potentiel soit maintenu. De même, les semis de maïs doivent commencer début avril : quelles seront les surfaces réellement emblavées ?

Sur les 3 dernières campagnes (2018 à 2020), l’Ukraine a en moyenne exporté 28 MT de maïs et 18 MT de blé, soit 46 MT de grains, sans compter les orges et les tournesols. Quelles seront les pertes en 2022/2023, telle est l’une des questions que se pose le marché.

Faute de réponse, les cours peuvent continuer à monter tant que le conflit perdure.

Les conséquences seront fortes pour nos filières et peuvent être dramatiques pour les pays d’Afrique, du proche et du moyen Orient qui dépendent de la Mer Noire pour leur sécurité alimentaire. Une situation dont pourrait une nouvelle fois profiter la Russie, qui s’oriente actuellement vers une récolte de blé très élevée cet été.

Et maintenant ?

En cette mi-avril, les cours du blé ont encore une fois atteint de nouveaux sommets. L’approvisionnement des marchés pour la fin de la campagne céréalière est grandement réglé, mais le conflit dure et les risques se reportent sur la campagne 2022/2023. Outre la baisse attendue des récoltes ukrainiennes, le marché craint que d’autres accidents de production (actuellement, ce sont les USA qui inquiètent le plus) ne viennent réduire l’offre disponible à compter de juillet prochain. A court et moyen terme, les prix ont donc vocation à rester élevés et volatils.

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Lettre Mensuelle Avril 2022

2 mai 2022|

EDITO Encore un mois de hausse sur le marché du blé : les cours de la récolte 2022 gagnent 53 €/T en avril après avoir marqué un nouveau record (381 €/T sur Déc. 22). Deux [Lire plus]

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